Juillet.
Allongée nue sur la plage, je n'ai rien. Il n'y a rien. Rien que moi et la plage.
Rien ?
Presque rien.
Une bouteille d'eau. Un livre. Un carnet. Un stylo.
Une serviette éponge 75x150 cm entre le sable et ma peau.
À côté de la serviette, un paire de sandales d'été. Une culotte, un soutien-gorge, une chemise légère, un pantalon.
Dans la poche du pantalon, la clé de la voiture qui m'a transportée jusqu'ici.
J'ai laissé mon sac à main dans la voiture. Dedans, il y a tous mes papiers obligatoires, qu'on dit d'identité, car ils contiennent des tampons officiels et des photos qu'on dit aussi d'identité. Comme si mon identité se trouvait dans mon sac à main. Il y a des morceaux de papier, de métal, de plastique précieux dits chèques, billets, pièces, carte bleue, qu'on peut échanger contre des objets plus utiles ou pas. Il y a des clés, d'autres clés, beaucoup de clés. Pour aller où, pour ouvrir quoi ? Un téléphone pour parler avec quelqu'un qui n'est pas là, un téléphone pour fuir, j'ai un téléphone pour fuir. Je voudrais bien ne pas l'avoir.Je voudrais n'avoir que ce corps nu allongé sur la plage. Rien d'autre. Mais j'ai ce t'éléphoen e ces clés.
Je n'ai pas d'appareil photo pour figer le temps.
Je n'ai pas de télévision non plus.
Et je n'ai pas d'ordinateur.
Je ne veux pas rester assise chez moi des heures à regarder une boîte rectangulaire.
Mais j'ai ce téléphone.
Pourtant, je préfère parler avec quelqu'un qui est là.
Et si je suis seule, je préfère me taire.