Mon corps partout
partout en vie
envie qui attrape
attrape les humains.
Point.

Point, c'est mon nombril
Mon corps, c'est un stylo.
Un stylo-bic, bleu.
L'encre bleue dans mes veines et la bille, ma tête.

Mais je perds toujours mon stylo.

Maintenant j'écris ce texte que tu me dictes.
Mais tu dictes vite et j'écris sur rien.
Pas de support et pas d'encre.
Tout s'efface en même temps que le son s'écoule.
Je n'écris même pas tous les mots.
Je ne sais même pas de quoi ça parle.
Ta voix me berce.
Je n'ai pas envie d'écrire.
D'ailleurs, je perds toujours mon stylo.
Tout à l'heure encore, je l'avais perdu.
J'ai la peau blanche au grain fin avec des lignes.
Sur ma peau il y a des lignes.
Pourtant, ma peau ce n'est pas pour écrire.
Et ma tête, ce n'est pas un stylo.
C'est pour ça que les mots s'effacent au fur et à mesure que tu les prononces.
Moi, je n'ai rien pu faire pour les retenir, j'avais les yeux fermés et ma tête, ce n'est pas un stylo.
Si tu ramasses les dictées pour les corriger, pas la mienne.
La mienne, je ne peux pas te la donner parce qu'elle est blanche
et ma peau, c'est à moi,
avec ses lignes, c'est à moi.
Ma peau, ce n'est pas pour écrire, ce n'est pas pour corriger,
et de toute façon, j'ai perdu mon stylo.